La pollution au plastique est observée dans tous les océans de la planète. Même si celle-ci ne représente hélas pas l’unique source de pollution en mer, elle représente néanmoins environ 90% des déchets retrouvés dans les océans : sacs plastiques, bouteilles, filets de pêche, bâches, stylos, mégots, emballages, produits cosmétiques, fibres vestimentaires, jouets… C’est parti pour une plongée en eaux troubles.

Des océans poubelles qui se meurent à cause de la pollution humaine ? Qu’en est-il réellement ? Que pouvons-nous retenir des différentes études menées ces dernières années ? Tout semble montrer que l’état des océans s’est dégradé par des décennies d’utilisation du dieu Plastique. Il est vrai que son utilisation a créée une réelle révolution de la consommation, une véritable réussite économique de l’industrie pétrochimique. Le plastique n’est pas en soi le « grand méchant loup »… non là encore, c’est l’utilisation que l’on en a fait, ou en tout cas la manière dont l’être humain (une fois de plus) n’a pas réussi à se responsabiliser, se contrôler dans la mauvaise évacuation de ses déchets. On est dans la catastrophique habitude « je jète, je pollue et je m’en fou ». Comme un enfant qui cacherait sous son lit son petit bazar lorsque maman lui demande de ranger sa chambre…

 

CONTAMINATION À LONG TERME DU MILIEU MARIN PAR LES PLASTIQUES

Une durée de vie de presque mille ans ! Rude constat faute de le considérer comme alarmant. La présence des déchets plastiques est non seulement en perpétuelle augmentation dans nos océans mais il est avéré que leur destruction est chose mal aisée… ils se transforment et parfois en deviennent d’autant plus dangereux. Au-delà du simple constat de la composition du plastique (concentré en polluants tels que plomb, cadnium, colorants, phtalates, alkylphénols, bisphénol A, DDT…), le phénomène éco-mortuaire est en réalité encore plus insidieux.

Les morceaux de plastique d’origine terrestre, déversés dans les océans, sont emportés par les courants marins. Les déchets rejoignent alors les fameux « Gyres océaniques », gigantesques tourbillons d’eau océanique provoqués par la force de Coriolis.

 

carte-gyres

Le plastique contenu dans ces déchets vont être fragmentés, transportés et dispersés dans le milieu marin sous l’effet des courants, des UV et de la dégradation bactérienne entre autre. Les micro-fragments ou micro-déchets vont alors s’accumuler à la surface de l’eau, sur les plages (sédiments, bas-fonds, sable) ou dans les grands fonds marins.

Il est important de distinguer les macro-déchets des micro-déchets :

◊ Les micro-plastiques ou micro-déchets: ce sont de minuscules particules, parfois invisibles, issus de produits de la consommation pétrochimique ou résultats de déchets plus gros réduits et transformés par les courants. Ils vont transporter microbes, agents pathogènes, algues qui s’y accrochent, propagation d’espèces envahissantes…

◊ Les macro-déchets eux sont des morceaux de plastiques plus volumineux (plus de 2 cm). Il sont ingérés par les organismes et animaux marins, les oiseaux de mer, le zooplancton…

 

 CONSÉQUENCES SUR LA FAUNE ET SON HABITAT NATUREL

Bien-sûr ces déchets d’origine anthropique vont hélas venir interférer avec le cycle de vie de la faune océanique. Le plastique humain va donc transformer, modifier et détruire sur le long terme tout cet éco-système.

◊ Les poissons dans un premier temps. Ils vont se nourrir de ces micro-particules de plastique, qu’ils vont confondre avec le plancton. Ils vont donc absorber une grande quantité de polluants. Ces déchets vont également se retrouver ingérés par d’autres organismes marins comme les récifs coralliens ou le phytoplancton, premier fournisseur d’oxygène de la planète.

◊ Les gros déchets plastiques vont également provoquer des lésions, des maladies mais aussi étouffer ou étrangler de nombreuses animaux marins, comme les tortues, les dauphins, les thons qui vont les manger, les confondant avec leurs proies habituelles.

◊ Les oiseaux ne sont pas en reste, certains se retrouvent avec leur appareil digestif remplit ou obstrué de débris plastiques en tout genre… cela peut même provoquer la mort par famine (l’animal a un sentiment de satiété par un contenu non dégradable par son organisme)

◊ Autre constat alarmant : les perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques vont interagir avec les capacités de reproduction des poissons : agents féminisants, délétion de la spermatogenèse…

◊ Accroissement de la biomasse végétale entraînant diverses modifications du milieu : augmentation des macro-algues et phytoplanctons, coloration et désoxygénation de l’eau…

Une étude a montré que plus de 250 espèces sont ainsi menacées par le plastique ! L’impact de l’activité humaine sur tous les océans de la planète n’est hélas plus à démontrer. On trouve des particules de plastique dans toutes les mers du monde et à toutes les profondeurs.

Et je ne parle même pas des conséquence logiques sur le consommateur. Ces fameuses micro-particules de plastique ont un impact direct sur la chaîne alimentaire humaine : présence de micro-fragments dans les entrailles des poissons commercialisés et de POP « Polluants Organiques Persistants« , dangereux pour la santé et cancérignènes. (source : www.cancer-environnement.fr).

 

 
 QUE PEUT-ON FAIRE À NOTRE ÉCHELLE ?
  • Ne rien jeter sur les plages, sur les côtes et dans la mer.
  • Pour ceux qui possèdent un bateau, bien-sûr ne rien jeter par dessus bord.
  • Éviter d’utiliser des produits à usage unique, préférer les produits réutilisables comme les sacs en tissus ou en papier.
  • Avoir un comportement éco-responsable en refusant le sur-emballage et en recyclant autant que possible.
  • Préférer les matériaux recyclables comme le verre, le papier, le carton, sacs biodégradables et compostables…
  • Et comme toujours, partager vos infos et votre prise de conscience autour de vous !

Au vue de mes recherches, il semble vital de trouver des solutions pérennes et concrètes pour régler ce problème éco-toxique : réduction des sources de pollution à la source, assainissements des zones, gestions des déchets, création de plastiques vraiment et totalement biodégradables, zones protégées… Avant de me pencher sur le sujet, je n’avais qu’une vison simpliste du sujet, un jugement raccourci qui ne prenait pas en compte la réalité et l’ampleur du phénomène.

 

 DES SOLUTIONS POUR L’AVENIR DE NOS OCÉANS

Une bactérie mangeuse de plastique : des scientifiques japonais de l’Institut de Technologie de Kyoto auraient trouvé une bactérie qui a évolué pour produire deux enzymes capables de briser les liaisons moléculaires du PET (polyéthylène téréphtalate). Une piste sérieuse pour éliminer le PET de manière totalement biologique et donc naturelle. Ce ne sont que les prémices d’une réponse écologique… de plus, l’activité bactérienne étant très lente, il faut plusieurs semaines pour que la bactérie dégrade un morceau de plastique d’1 cm environ… Cette découverte scientifique laisse cependant entrevoir de belles applications dans le processus d’élimination des déchets. (Source : article Feeding on plastic du magazine Science).

Beat the Micro Bead : une application qui permet au consommateur de vérifier la contenance en micro-billes d’un produit. Pour rappel, de plus en plus de produits cosmétiques contiennent ces micro-perles en polyéthylène. Elles représentent un danger pour notre environnement en générale et pour les océans en particulier : elles ne sont pas biodégradables et ne sont pas filtrées par les stations d’épuration. Pour en savoir plus, allez visiter le site officiel de Beat the Micro bead. Et vous pouvez également télécharger l’application gratuitement sous Google Play ou Apple Store.

Boyan Slat est un étudiant néerlandais qui a réussi à financer grâce au crowdfunding son projet pour nettoyer les océans : The Ocean Cleanup. Il a imaginé un projet ambitieux composé d’énormes barrières flottantes : un dispositif qui consiste à installer un barrage en surface, là où il y a du courant, et qui permettrait de prendre au piège les différents détritus. Des tests de faisabilité ont déjà montré des résultats prometteurs. Mais le projet a aussi beaucoup de détracteurs : certains scientifiques estiment et soulignent que le plus gros problème des océans concerne les micro-déchets (ingrédients de cette immense soupe de plastique) et qu’il existe un risque de problèmes potentiels de collision ou encore de capture accidentelle de la faune ou flore sauvage. Les critiques n’empêchent pas le projet d’avancer : en ce mois de juin, un prototype sera mis à l’essai en Mer du nord. Si vous souhaitez suivre l’évolution de l’aventure Ocen Cleanup, vous pouvez accéder à leur compte Twitter ou Facebook. (Sources : The Ocean Cleanup® – Boyan Slat).

 

 
 ENVIE D’ALLER PLUS LOIN : SOURCES, RAPPORTS, PUBLICATIONS…

[Textes : HPD pour t-era-nova.fr®  | Crédit photo : Pixabay]

Vous devriez être intéressés également par ces articles

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.