Voici un sujet particulièrement sensible : comment consommer sans porter atteinte au bien-être animal ?

Je n’aborderai pas ici l’utilisation globale des animaux par l’Homme. Le sujet serait beaucoup trop vaste et j’aurais peur de me perdre dans mon propos. J’ai donc décidé d’aborder le sujet sous l’angle de l’engagement de certaines marques pour produire et commercialiser sans rentrer dans la boucle infernale (aujourd’hui évitable) « innovation – test animal – cruauté ».

Lorsque je me suis penchée sur le sujet, je me suis rendue compte qu’il n’était pas aisé de s’y retrouver. Pas facile d’y voir clair afin d’adapter en conscience notre acte de consommateur. J’espère que cet article vous donnera un petit aperçu du sujet et vous aidera dans votre démarche personnelle.

 

 QU’EN EST-IL DES LABELS BIO ET LA SOUFFRANCE ANIMALE ?

Le Bio offre une garantie de qualité indéniable concernant les produits de consommation : le client est assuré de ce fait, et dans la majorité des cas, de consommer sain et de limiter les souffrances animales. Par contre, j’ai découvert que certains critères ne faisaient pas partie du cahier des charges : comme l’abattage des animaux ou les becs de poules coupés par exemple). Et cela n’est pas mieux en ce qui concerne les produits cosmétiques : qui dit Bio ne voudra pas nécessairement dire « Non testé sur les animaux ». À nous de savoir déchiffrer et identifier les labels les plus respectueux.

Bref, on aura saisi que les labels Bio ne garantissent malheureusement pas « la non souffrance animale ». Essayons d’y voir plus clair.

Concernant les produits de consommation alimentaire : les labels Bio garantissent un bien-être animal comparé aux procédés utilisés par l’élevage dit « traditionnel ». Cela permet aux bêtes de ne pas être entassées, parquées, elles auront accès au plein air ou à la liberté. Par contre, certaines pratiques restent inchangées : modes d’abattage, les poules peuvent avoir les becs coupés, séparation (définitive)  de la mère et de son petit pour la production de lait…

Le label BIO est censé « épargner aux animaux toute douleur ou souffrance évitables ». Cependant, aux vues des récentes affaires de cruauté (qui ne sont malheureusement pas des cas isolés), on se rend compte que malgré des lois, le Bio ne garantit nullement par défaut le bien-être animal. Par contre, les labels respectueux de la cause animale permettent cependant de minimiser les pratiques cruelles qui sans cela serait davantage utilisées… faute de prise de conscience collective suffisante.

Du côté des cosmétiques et des produits ménagers : il existent plusieurs labels qui garantissent la « non cruauté animale ». Cependant, j’ai appris que certaines marques exportent leurs produits en Chine. Et alors, me direz-vous ? Hé bien, il s’avère que la Chine est le seul pays qui impose des tests sur animaux concernant les cosmétiques importés. Alors… c’est une bonne chose de respecter le bien-être animal chez soi, mais que penser d’infliger des tests aux animaux présents sur le territoire chinois ? Autre pays qui pose problème : le Japon, où les tests contrairement à la Chine ne sont pas obligatoires mais pas interdits non plus… Je vous laisse seuls juges. Autre point sur lequel il est important d’être vigilant : certaines marques sont labellisées « sans cruauté » mais uniquement sur certains de leurs produits. Il faut donc être attentif jusqu’au bout afin de respecter notre démarche éthique.

 

 QU’ENTENDONS NOUS PAR TESTS SUR LES ANIMAUX EN COSMETIQUE ?

Pour info, sachez que les tests sont généralement testés sur des animaux comme les souris, les lapins, les cobayes… il arrive également qu’ils soient testés sur des chats, des chiens ou encore des singes. Dans les laboratoires, les animaux sont contraints de subir différents tests : pratique de tests d’irritation (sur la peau, dans les yeux), tests de mutagénicité, tests de toxicité à doses répétées (par voie orale, dermique ou par inhalation), de cancérogénicité, de neurotoxicité, etc… Bref une horreur ! Ce sont des êtres vivants, qui toute leur vie, durant, sont enfermés, cloitrés et contraints à subir des tests. Une fois que l’on prend conscience de cet état de fait, difficile de s’en accommoder il me semble, non ?

Surtout qu’aujourd’hui, les marques trouvent des alternatives aux expériences sur les animaux. Chaque années, près de 30 000 animaux sont utilisés pour ces tests. Pourtant ce n’est pas une fatalité, pas besoin de recourir au principe qui oppose le bien-être humain et le bien-être animal. Il existe en effet des solutions pour éviter ces pratiques parfois cruelles. Plus de 200 méthodes alternatives ont été développées et validées par l’OCDE : micro-dosage sur être humain (cf principe de l’homéopathie), techniques telles que les IRM, scanners, tests in-vitro, simulations par informatique, tests sur animaux déjà morts, développement de peau artificielle…

lapins

 
 ET LES ANIMAUX QUE L’ON CONSOMME ?

À travers la planète, on peut comptabiliser environ 70 milliards d’animaux, élevés et sacrifiés pour l’alimentation. Un cycle de vie terrible : je viens au monde pour être consommé ou pour être exploité afin de produire de la matière première. Rien d’autre pour ces êtres VIVANTS… ils sont traités et exploités dans les pires conditions. La grande majorité du système de l’industrie alimentaire de masse est calqué sur un modèle contraire à toute éthique, insensible à la maltraitante animale : animaux enfermés dans des élevages industriels, parcs d’engraissement, massacres, privation de liberté, gavages… 

On ne peut pas aborder le sujet de la production de viande sans aborder rapidement un autre sujet : la viande et son impact sur l’environnement. La surconsommation de viande porterait gravement atteinte à la planète. Comment ? Hé bien, avant d’être mangée, vous conviendrez que cette viande doit tout d’abord être produite et ensuite acheminée jusqu’à notre assiette. Ce cycle de production génère de nombreux problèmes environnementaux : émission de dioxyde de carbone, déforestations, emploi de pesticides chimiques, culture intensive utilisatrices d’engrais azotés, source de méthane, transport des animaux (lieux abattage, de découpe, d’emballage, de distribution…)

Indirectement, le fromage et les œufs sont eux aussi des produits issus de l’exploitation animale. Soit on décide de ne plus en consommer (pour des raisons d’éthique liées à la production de masse – exploitation des femelles pour leur lait, séparation avec leurs petits, broyages des poussins mâles…) soit on peut tenter de consommer « petits producteurs bio et éthiques » (si vous avez la chance d’en connaître) ou de renoncer aux fromages utilisant de la présure animale (extraite de la quatrième poche de l’estomac des jeunes ruminants – veaux ou chevreaux – qui seront abattus avant sevrage 🙁 Pour infos, il suffit de regarder la liste des ingrédients. On peut ainsi privilégier les présures microbiennes ou végétales. (voir la liste des fromages sans présure animale).

vaches

 

 ALORS COMMENT MIEUX CONSOMMER ?

Voici quelques pistes, non exhaustive, pour consommer en respectant davantage le bien-être animal… ce sont des réflexes simples et faciles à mettre en place dans votre quotidien.

  • Les œufs : si vous souhaitez consommer des œufs, choisissez le label Bio. Les œufs seront au moins garantis provenant de poules élevées en plein air et non pas d’animaux parqués en batterie. De plus, l’animal aura reçu une alimentation biologique. Privilégiez le code 0 (œufs bios) présent sur la coquille (finissez-en avec les œufs codés 2 ou 3 !). Voir le tableau explicatif sur les oeufs.
  • Le fromage : si vous souhaitez en consommer, privilégiez les fromages sans présures animales.
  • Privilégiez les labels qui garantissent des produits cosmétiques et ménagers non testés sur les animaux : Leaping BunnyChoose Cruelty Free, Cruelty Free PETABDIHIHTK et SOIL Association. Si vous trouvez des produits avec leurs pictos dessus, cela vous apporte une garantie qui ira dans le sens de votre démarche.

picto-label-non-cruaute

 

  • Pour le ménage et l’entretien de la maison : pas besoin d’utiliser pour les tâches courantes tous les nombreux produits issus de la pétro-chimie. Pour la plupart de vos travaux, il vous suffira d’avoir chez vous quelques produits d’origine totalement naturelle : bicarbonate de soude, vinaigre blanc, citron, savon noir… Vous pourrez ainsi minimiser la crainte de test animal.
  • Pour se laver : fuyez les nombreux gels douches ! Mis à part ce qu’ils représentent en terme de réussite marketing, il semblerait qu’ils soient une aberration au niveau de la santé. En utilisant ces produits quotidiennement, vous risquez de badigeonner votre corps de nombreux ingrédients, probablement toxiques à longs terme : sels d’aluminium, parabens….. Préférez les savons d’origine 100% naturelle, sans conservateurs. La marque Gaiia propose toute une gamme Bio de savons à froid (un savon saponifié à froid est un savon fabriqué de manière artisanale sans chauffer les huiles végétales qui le composent), hypoallergéniques, réellement sans conservateurs et fabriqués en France.
  • Pour vos animaux de compagnie : il est également possible de consommer plus éthique et nourrir nos amis domestiques sans cautionner des expériences cruelles sur leurs congénères. Voici quelques marques qui se sont engagées pour le bien-être animal et disponible en France : Schesir, AniwellExclusion, Almo NatureGosbi. Il doit en exister d’autres bien-sûr.

 

 LISTE DE MARQUES ET PRODUITS SANS CRUAUTÉ ANIMALE

Pour compléter cet article, voici une liste de quelques marques éthiques. Bien sûr, je vais ici en oublier certaines et j’en suis désolée. Soulignons leur action et attribuons leurs le mérite d’agir concrètement pour le bien-être animal.

Boutiques de cosmétiques :

  • Lamazuna : marque française Slow cosmétique et aux labels Cruelty Free and Vegan de Peta
  • Slow Cosmetique :  ce site regroupe les meilleurs produits cosmétiques et fabricants éco-responsables etCruelty Free.
  • Vegan Mamia
  • Precious Life
  • Lush
  • Pachamamai : savons et cosmétiques éco-responsables, Slow cosmétique, Cruelty Free Vegan de Peta et S.A.F.
  • UV Bigo : gamme française de cosmétiques, label Vegan pour l’absence d’expérimentation animale.
  • Gaiia Shop : savons naturels français

Pour vos animaux de compagnie :

Produits d’entretien :

  • Attitude : produits Cruelty Free, hypoallergéniques, sans cancérigène.
  • Comptoir des lys : produits d’entretien et cosmétiques bio, non testés sur les animaux.

 

enfant-animaux

 

Notre civilisation a tout intérêt à revoir son rapport à l’exploitation animale. De nombreuses études montrent d’ailleurs que la consommation excessive de viandes nuit à notre santé. Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) et l’OMS ont récemment publié une étude sur « la cancérogénicité de la consommation de viande » (rouge, charcuterie, transformée). Une nouvelle forte qui va conforter la tendance vers une réduction de la consommation de viande. Au-delà de notre propre santé, il faut savoir que sa consommation augmente notre empreinte écologique (impacts sanitaires, sociaux et environnementaux), triste réalité malheureusement trop souvent méconnue ou volontairement ignorée. (Source : CIRC).

Encore une fois, je suis intimement persuadée que chacun  de nous, à son échelle, a le pouvoir de changer les choses, de faire des choix qui permettront de vivre sans provoquer la cruauté envers un autre être vivant. Cette mauvaise habitude semble être d’un autre âge. Tout individu a le choix de changer ses réflexes alimentaires et, de manière plus globale, ses directions de vie. Chacun peut influencer, provoquer un changement qui aura des répercussions sur l’avenir de notre planète en général, et des animaux en particulier.

 

 COMMENT AGIR  ?
  • Réduire (ou stopper) sa consommation de viande, de produits laitiers et d’œufs.
  • Acheter des produits non testés sur les animaux
  • Privilégier le Bio (même si les produits sont plus cher, opter pour la devise » manger moins, manger mieux »).
  • Devenir des consommateurs plus responsables : mieux s’informer sur la provenance, être plus vigilant et plus exigeant.
  • Consommer localement, et davantage de fruits et légumes.
  • Partager vos connaissances du sujet, parlez-en autour de vous, créer le débat, faites avancer les choses 🙂
  • Si vous vous sentez particulièrement touché par la cause animale, rien ne vous empêche de vous engager auprès d’une association, afin de les aider à défendre un projet auquel vous croyez. Quelques idées : One Voice, Peta France, Association Végétarienne de FranceFondation Brigitte Bardot, 30 millions d’amis, Green Peace, Association L214 …

 

Je finirais cet article  en soulignant que pour ressentir de la compassion, l’être humain doit être conscient des choses. La majorité d’entre nous ignore ce qu’il se passe réellement (j’en étais il n’y a pas si longtemps à l’échelle de ma vie). Nous vivons trop souvent dans l’ignorance, on ferme les yeux, on ne souhaite pas regarder la réalité en face car elle remettrait trop durement notre confort quotidien. Ne soyons pas les complices aveugles d’un système dicté par le profit, prêt à mettre en oeuvre n’importe quelle cruauté pour produire sans conscience… quitte à perdre progressivement notre humanité.

 


Pour aller plus loin :

  • Identifier les produits toxiques dans les cosmétiques | Slow Cosmétique
  • Pour une éthique dans le traitement des animaux  | PETA
  • Cruauté envers les animaux et consommation durable | Consoglobe.com
  • Pouvons-nous continuer à manger les animaux ? | Psycologie.com
  • Nombre d’animaux tués pour fournir de la viande dans le monde – Statistiques en direct| Planetoscope.com
  • Ouvrons les yeux sur l’élevage et les abattoirs | l214.com
  • Nous sommes incapables de tuer les animaux sans les faire souffrir | Liberation.fr
  • Pour un label « Bien-être animal » | L’express.fr

[Textes : HPD pour t-era-nova.fr®  | Crédit photo : Pixabay]

Vous devriez être intéressés également par ces articles

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.